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Incipit

Welcome ! Bienvenue à ma remise personnelle des oscars et des gérards du cinéma mondial ! Vous trouverez ici des strass, du people, des paillettes, du mousseux, des spots, du bodyguard, mais surtout et par dessus tout : du partage !

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 <<Le cinéma, c’est l’écriture moderne dont l’encre est la lumière.>>

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"Vous connaissez ma femme ? Elle est belle hein ?" Le chef, RRRrrrr !!!

 

« Ecoute Bernard... J’crois que toi et moi, on a un peu le même problème ; c’est qu’on peut pas vraiment tout miser sur notre physique, surtout toi. Alors si je peux me permettre de te donner un conseil, c’est oublies qu’t’as aucune chance, vas-y, fonce ! On sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher... " Gilbert, Les bronzés font du ski.

 

  "J’adore l’odeur du Napalm au petit matin " Apocalypse now.

   

"- Vous voulez terminer comme ces poulets ? Vous voulez mourir Bramard ? Décapité, vidé, plumé, c’est ça qu’vous voulez ?
  - Si c’est pour garder mes poules, oui !"OSS 117.

 

"Plutôt que l'amour, que l'argent, que la foi, que la célébrité, que la justice... donnez-moi la vérité" Into the wild.


L'écologie tend à combler le fossé que l'industrie a creusé entre l'homme et les animaux.

Je compense le carbone de mon blog avec les Petits gestes écolos de bonial.fr
30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 20:51

Les mots se bousculent dans ma tête et je ne sais comment introduire cet article..... Fiche technique :

 

 

Réalisateur : Michael Haneke

 

Acteur : Jean-Louis Trintignant, Emmanuelle Riva, Isabelle Huppert

 

Sortie : octobre 2012

 

Genre : Drame

 

Nationalté : Franco-Germano-Autrichienne

 

Durée : 2h07

 

Ma note (voir barême à la fin) : 17.5/20

 

PALME D'OR AU FESTIVAL DE CANNES 2012

 

 

Michael Haneke est le 7ème réalisateur à avoir ramené à deux reprises la Palme d'Or chez lui, et ce qui plus est en seulement 3 ans (Le ruban blanc (2009) et Amour (2012)). Le cinéaste autrichien rejoint ainsi de grands noms du septième art tels que Francis Ford Coppola (rien que ça !), qui l'avait également emporté par deux fois (Conversation secrète (1974) et Apocalypse Now (1979)).

 

               Amour, 23ème réalisation de l'autrichien, qui l'a aussi scénarisé d'ailleurs, est un drame contemporain loin de se mêler à la cohue de films du même genre que l'on peut trouver sur nos grands écrans français. Les films d'Haneke n'ont jamais été très gais, et celui-ci ne déroge pas à la règle, en abordant des thèmes sensibles, tels que la Mort, la vieillesse, la maladie, et l'amour : logique. Logique certes, néanmoins c'est un type d'amour tout à fait particulier dont l'auteur peint les traits, "L'amour dans la Mort". Rassurez-vous, il n'y aura pas une énième scène à la Jeux d'enfants dans laquelle les deux protagonistes se suicident amoureusement (bien que j'adore ce film). Non, Haneke est bien plus sombre que cela, et même je dirais, beaucoup plus pervers !

               George et Anne sont deux personnes très agées, heureuses, amoureuses. Mais Anne ne va pas survivre à la maladie, c'est inévitable, elle mourrat sous peu. Peut-on trouver plus triste et plus pervers que de baser l'idée principale et fixe du film sur la souffrance de deux vieilles personnes ? Difficilement je trouve. Ainsi George (J.L Trintignant) va devoir s'occuper et voir mourrir sa femme Anne (Emmanuelle Riva) peu à peu, impuissant. Je pense qu'on a là un scénario à faire pleurer Poutine ! Si seulement l'auteur s'était arrêté là, tout ce à quoi nous aurions eu droit aurait sûrement été un film mêlant pathos et tristesse infinie, à la fois pour les personnages et pour le spectateur qui aurait vidé son paquet de mouchoir. Dieu merci, ce ne fût pas le cas ! Je dirais en fait qu'Haneke fait tout pour tenir le spectateur en haleine le plus longtemps possible, pour finalement le submerger, lors des scènes les plus dures du film, de toute l'émotion qu'il a accumulé et contenu jusque là. La chose se passant approximativement aux alentours d'1h30 de film, heure à laquelle les reniflements se font les plus nombreux dans la salle obscure (snif.).

               Avec des plans séquences dignent de Kubrick ou Scorsese, Haneke nous fait ressentir tout le poids du quotidien de ce vieil homme seul. Seul bien qu'avec sa femme, mais seul quand même justement à cause de sa présence. La présence de sa femme malade, superbement interprétée par Emmanuelle Riva, s'avère être de plus en plus lourde à soutenir. Impossible de se débarasser de ce fardeau pour un homme amoureux depuis des décennies, mais à la fois incapable d'assumer ce rôle "d'aide soignant" pour les mêmes raisons. Le personnage de George, interprété encore plus magistralement par Jean Louis Trintignant, est celui d'un homme tiraillé, déchiré de toute part, écorché dans sa fin par une vie qui lui avait pourtant toujours sourit (famille aimante, réussite sociale apparente etc...). Son entourage, loin de le réconforter, n'est qu'une charge de plus pour lui. D'ailleurs comme il le dit à sa fille Eva (Isabelle Huppert) : "Votre inquiétude ne me sert à rien". 

               J'ai oublié une chose qui a son importance dans le film, c'est que c'est un huit-clos dans l'appartement parisien de ce couple. Pourquoi cette importance ? D'une part parce que l'illusion d'enfermement que cela suscite a sans doute un effet important sur le poids de certaines scènes, ce qui contraste avec la scène du tout début du film, durant laquelle le vieux couple, gai et heureux, sort au spectacle et en revient enchanté, dégageant une espèce de frivolité bienfaisante. D'une autre part parce qu'ainsi on se rend compte justement, pour en revenir à ce que je disais 6 lignes plus haut, de l'impact, positif ou négatif, que peuvent avoir les différentes visites que reçoivent le couple. On retrouve les "trois grands groupes de relations sociales humaines" : La famille, les amis, et les voisins. Les voisins sont aimables, ils aident le vieil homme a porter ses courses... Mais au fond sont intéressés, ils obtiennent toujours un billet pour leurs services. Les amis sont bienveillants, ils réconfortent, apportent de la gaieté dans la vie, illuminent une journée... mais ne sont que de passages, et ne peuvent pas entendre certaines choses, trop dures. La famille enfin, peut tout entendre, tout assimiler, peut être présente n'importe quand, et l'est d'ailleurs... Mais elle souffre pareillement que George, et ne fait qu'accentuer la charge qui lui incombe en l'obligeant à s'occuper d'eux également, et on en revient donc à la même citation : "Votre inquiètude ne me sert à rien."


               Tout ça pour vous montrer qu'il est extrêmement compliqué de se mettre à la place de ce fameux George, dont la souffrance psychologique égale la souffrance physique de sa femme malade, et qu'Haneke, loin de se contenter des larmes, est allé bien plus loin que ça. En effet, chose très surprenante, durant presque toute la période de maladie de sa femme, George ne pleure jamais, ne semble craquer à aucun moment, ce qui semble être plus qu'un tour de force, presque un problème à part entière ! Comment le mari, veuf en devenir, peut-il sembler moins perturbé (toute proportion gardée) que le spectateur lui-même, torturé et chamboulé par la situation ? La question mérite d'être éclaircie mais ne l'est pas, néanmoins, elle apporte d'autres réponses si on cherche à comprendre, et notamment sur les intentions de l'auteur. Il aurait été facile, et même légitime pour Haneke de créer un personnage (George) fragile, sans cesse en pleurs devant le triste destin qui se dessine pour sa femme. Au lieu de ça, George reste droit, fait tous les efforts nécessaires pour Anne, et se retrouve même parfois à "l'engueuler" parce qu'elle ne veut pas manger ou ce genre de choses ! Impensable me direz-vous ? Je suis d'accord, mais... Ancré dans l'ensemble de l'oeuvre que représente ce film, dans les thèmes abordés qui sont la souffrance, la peine et aussi le ressentiment un peu, le comportement de George est si "impensable" ou "idéal", que là prend tout le sens du titre et du mot "Amour". L'Amour, ce serait être présent jusqu'au bout ? Ce serait être capable de droiture et de gentillesse, envers et contre tous, pour la personne chérie ? Ce serait sacrifier sa vie pour celle de son amour pourtant condamné ?

               La fin du film reste flou quand à une quelconque morale que puisse donner Amour, et peut être interprétée de bien des manières, et je pense qu'à l'heure actuelle, toutes et aucunes des interprétations sont valables, car seul Haneke sait exactement ce qu'il a voulu y dire. Dommage ? Pas forcément, car on en revient à une question phare à propos de l'Art : Est-ce l'artiste qui fait le chef d'oeuvre, ou celui qui l'interprète ?

Pour conclure cet article, je préciserai que la quasi-intégralité du film ne comporte aucune musique (génériques inclus !), les seuls bribes de musiques étant des morceaux joués "de manière réelles" dans les scènes, notamment par le pianiste Alexandre Tarraud qui interprète un ami du couple, et qui joue notamment du Schubert (pour les connaisseurs). Ce détail quant à l'absence de musique a son importance car il s'ajoute à une longue liste d'autres détails qui différencient Amour de tous les autres films de type dramatique vu en France ces dernières années.

La journaliste et écrivaine Sandra Mézière résume le film de la plus belle des mainères en disant ceci, et ce sera ma conclusion :
Amour est un film tragique, bouleversant, universel qui nous ravage, un film lucide, d’une justesse et d’une simplicité remarquables, tout en retenue. «Je ne me souviens plus du film, mais je me souviens des sentiments» dit Jean-Louis Trintignant en racontant une anecdote à son épouse. C’est aussi ce qu’il nous reste de ce film, l’essentiel, l’Amour avec un grand a, pas le vain, le futile, l’éphémère mais l’absolu, l’infini.

Palme d'Or méritée selon moi !

 

 

 

 

TOTAL (/20)  17.5
Originalité / Scénario (/5)   4
Acteurs / Interprétation (/5)   4.5
Message véhiculé / Thèmes / Ambiance (/5)
  5
Photographie (décors, images, musique...) (/5)

   4

 

Bande-annonce :


 

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Published by Babou-69 - dans Drame - Romantique
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